Josée Desrosiers, conseillère au Service de recherche et de condition féminine, n’a pas grandi dans un milieu particulièrement politisé. C’est à la fin du cégep, dans un contexte de précarité d’emploi, qu’un premier déclic s’opère. Une amie l’amène vers la JOC, la Jeunesse ouvrière chrétienne. Elle embarque progressivement.
Elle rencontre des jeunes travailleurs et travailleuses précaires et crée son équipe pour s’organiser, et agir sur ce qu’ils et elles vivent. « On avait cette énergie-là, la jeunesse. Et je ne l’ai jamais vraiment perdue. » C’est comme ça que tout commence…
À la JOC, elle découvre des outils pour comprendre sa réalité autrement. « Ça m’a ouvert les yeux. Ce n’était pas individuel, ce qu’on vivait. » Elle y développe un sentiment d’appartenance à la classe ouvrière et une manière de lire le monde qui va l’accompagner longtemps.
Son engagement prend rapidement de l’ampleur. Elle contribue à structurer des équipes, puis est envoyée à Québec pour consolider le mouvement. Elle y passera quatre ans, avant d’être élue à des fonctions nationales, puis continentales. En 2000, elle devient présidente internationale du mouvement, une première pour une femme.
Pendant toutes ces années, le cœur de l’engagement reste le même : rassembler des jeunes autour de ce qu’ils vivent au travail, peu importe leur parcours ou leurs croyances. « On partait de ce qu’on avait en commun, et la dignité, la justice, la solidarité nous guidaient pour agir. »
Après son mandat international, elle revient au Québec et est embauchée à la CSN comme employée de bureau. Elle y retrouve des repères familiers : « les débats, les structures, les façons de faire… ça me parlait. J’avais déjà vécu ça, autrement. »
Aujourd’hui conseillère syndicale, elle trouve encore des raisons pour lesquelles son travail contribue à plus de justice sociale. Elle a participé aux démarches entourant la fin de la JOC à Montréal, à la création d’un fonds pour que son héritage continue de soutenir des organisations de jeunesse et, plus récemment, à un projet de documentaire. Voir — Juger — Agir : l’histoire de la JOC au Québec, qui prend l’affiche cette semaine, retrace près d’un siècle d’engagement porté par des jeunes travailleurs et travailleuses en quête de dignité et de justice.