Le mouvement compte officiellement une nouvelle mentore principale. Ou, selon le titre non officiel, mais largement plus prestigieux utilisé dans certains corridors : une nouvelle mentore suprême.
À la suite du départ à la retraite du camarade Mario Maranda, la camarade Julie Lachapelle devient ainsi la deuxième personne à occuper ce rôle depuis la création du programme de mentorat, l’un des gains de la négociation de 2022. Quelques années plus tard, le programme est devenu une véritable référence. Régulièrement cité en exemple, il suscite l’intérêt de nombreuses organisations, bien au-delà du mouvement syndical, et démontre toute sa pertinence dans un contexte marqué par le renouvellement des équipes et la transmission des connaissances.
Et pour relever ce défi, Julie arrive avec un parcours difficile à résumer en quelques lignes.
Militante pendant 18 ans dans un syndicat affilié à la FSSS–CSN, vice-présidente du Conseil central des Laurentides de 2003 à 2013, elle intègre la banque des militant-es au printemps 2013 avant d’être embauchée la même année. Depuis, elle a multiplié les affectations : SAMVR en Estrie, SAMVR national, FSSS Laurentides, SAMVR Montréal, CCSPP, puis retour au SAMVR dans les Laurentides avant de joindre l’équipe du mentorat il y a deux ans.
Lorsqu’on lui demande ce qui l’a convaincue de faire le saut vers le rôle de mentore principale, sa réponse est sans hésitation.
« Les astres se sont drôlement alignés. Il y avait plusieurs options qui s’offraient à moi, mais ça a été à la fois un choix facile et un choix difficile. »
Facile, notamment parce que les deux dernières années lui ont permis de découvrir à quel point le mentorat correspondait à ce qui la motive dans son travail.
« J’ai tellement trippé. J’ai retrouvé quelque chose que j’aime profondément : le partage des connaissances, la transmission d’informations, l’écoute. Je me suis promenée un peu partout dans le mouvement, j’ai vu énormément de choses, mais les personnes mentorées m’ont nourrie autant que ce que j’ai pu leur apporter. »
Pour elle, c’est précisément ce qui fait la force du programme.
« Il y a plein de personnes merveilleuses dans ce programme. Je le trouve extraordinaire. Pouvoir être au cœur de tout ça, contribuer à le faire vivre et échanger avec les mentors partout dans le mouvement, c’est un très beau défi. »
Un défi qu’elle aborde avec enthousiasme… et une certaine humilité.
« Je vois ça très grand. Pour être honnête, ça me fait un peu peur aussi. Mais je pense que c’est bon signe. »
Parmi les dossiers qui l’enthousiasment le plus, Julie identifie notamment la poursuite du développement du programme et accompagner l’intégration des employé-es de bureau à la structure de mentorat, afin qu’un plus grand nombre de personnes salariées puissent bénéficier de cet espace d’apprentissage, d’échange et de transmission des connaissances.
« Il y a beaucoup de nouveaux visages. Certaines équipes ont été complètement transformées. Malgré ça, on réussit à maintenir l’expertise, à accompagner les gens et à assurer la transmission des connaissances. C’est quelque chose dont on peut être très fiers. »
Elle n’hésite d’ailleurs pas à qualifier le programme de mentorat de véritable joyau.
« Ça dépasse même le mouvement. C’est un programme dont on parle à l’extérieur et qui suscite beaucoup d’intérêt. »
L’autre grand chantier qui retiendra son attention au cours des prochaines années est celui de l’analyse de la charge de travail.
« Ça fait longtemps qu’on parle de surcharge, de pression, de solutions à mettre en place. C’est un enjeu immense qui touche pratiquement tout le monde. En même temps, c’est un défi incroyable. J’espère qu’on pourra arriver à quelque chose de satisfaisant pour les personnes salariées. »
Pour y parvenir, elle compte s’appuyer sur ce qui l’a toujours motivée : l’intelligence collective.
« J’ai la chance de pouvoir m’entourer de personnes extraordinaires. C’est ce qui me nourrit le plus dans ce travail. »
À l’aube de ce nouveau chapitre, une chose apparaît déjà certaine : la mentore suprême ne manquera ni d’expérience ni d’énergie pour poursuivre le développement d’un programme qui est devenu, en quelques années à peine, l’une des grandes fiertés du mouvement.