Depuis Pâques 2026, un phénomène étrange se manifeste lors des instances et événements du mouvement. De petits canards apparaissent discrètement un peu partout avant d’être découverts par hasard, parfois quelques minutes plus tard, parfois plusieurs heures après leur dépôt.
Les cachettes ne sont généralement ni particulièrement complexes ni particulièrement visibles. Un canard vert sur une plante verte. Un autre sur une monture de porte. Un troisième près d’un lecteur de cartes. Le principe semble reposer sur un savant équilibre entre évidence et discrétion : suffisamment bien caché pour provoquer la surprise, suffisamment visible pour finir par être trouvé.
Au fil des mois, le phénomène a pris de l’ampleur. Certaines personnes inspectent désormais les lieux à leur arrivée. D’autres affirment n’avoir jamais trouvé le moindre canard malgré des années d’expérience syndicale et un sens de l’observation pourtant respectable.
Après plusieurs semaines de démarches, le STTCSN a réussi à entrer en contact avec la personne responsable. L’entrevue a été accordée à la condition expresse que son identité demeure secrète.
« Au début, c’était juste pour faire sourire quelques personnes. Je trouvais qu’il manquait parfois un peu de légèreté dans notre quotidien. »
La mystérieuse « canardeuse » affirme avoir rapidement compris que les canards suscitaient davantage de réactions qu’elle ne l’avait imaginé.
« Les gens les prennent en photo. Ils les déplacent. Ils les collectionnent. Certains semblent même développer un instinct particulier pour les repérer. »
Contrairement à ce que pourraient croire les non-initiés, le choix d’une cachette demande une certaine réflexion.
« Si le canard saute aux yeux, ce n’est pas intéressant. S’il est impossible à trouver, ce n’est pas intéressant non plus. »
Les plantes figurent parmi ses terrains de jeu favoris, mais elles sont loin d’être les seules.
« J’aime varier. Une machine à eau, une tasse à café, une prise électrique… »
Certaines rumeurs prétendent même que les canards ne se limitent pas aux objets et au mobilier.
« Disons que certaines poches offrent parfois de belles possibilités », a répondu notre interlocutrice avec un sourire difficile à retranscrire dans une infolettre.

La discrétion semble d’ailleurs être l’une de ses principales forces.
« Il faut agir vite. Avoir l’air de ne rien faire de particulier. Trouver le bon moment. »
Cette description est crédible. Au cours même de cette entrevue, un canard a été discrètement déposé dans la poche de chemise de votre rédacteur sans qu’il ne s’en aperçoive. La découverte n’a eu lieu qu’une fois la conversation terminée.
Plusieurs personnes affirment avoir aperçu la mystérieuse « canardeuse » en action au fil des derniers mois. Aucune n’a accepté de révéler son identité.
« Une fois qu’on connaît le secret, on le garde », nous a simplement confié un témoin.
Avant de quitter, notre interlocutrice a toutefois laissé entendre que l’avenir pourrait réserver quelques surprises.
« Disons simplement que les canards ne sont peut-être pas les seuls animaux miniatures qui existent. »
Le mouvement est donc prévenu.
Après les canards, l’ère des miniatures pourrait bien ne faire que commencer.