Quand Mario Maranda parle de son chalet quatre saisons, on comprend rapidement qu’il ne parle pas seulement d’un bâtiment. Pour le mentor principal, qui quittera bientôt pour sa retraite, ce projet est devenu au fil des années une façon de ralentir, de respirer et de se rapprocher d’un mode de vie qui lui ressemble davantage.
Le chalet, construit en 2022, a véritablement pris forme pendant la pandémie. « Le confinement a accéléré les choses. J’avais besoin d’un endroit pour décrocher, me retrouver seul dans la nature. Je suis quelqu’un de très sociable, mais j’avais besoin de cet équilibre-là. »
Situé en Estrie, ce petit chalet de 12 par 32 pieds a été pensé avec une idée bien précise en tête : laisser le moins d’empreintes environnementales possible. Pas de champ d’épuration, très peu de matériaux transformés, chauffage de l’eau au poêle à bois, isolation en laine de chanvre, pompes manuelle et électrique pour l’eau. « Le seul produit transformé qu’on retrouve vraiment dans le chalet, c’est le plancher flottant. »
Mario insiste pourtant sur un point : il ne vient pas du milieu de la construction. « Je suis un bureaucrate, pas un gars de chantier. Je n’avais pas de grandes connaissances là-dedans avant de commencer. J’ai appris énormément par moi-même, avec des lectures, des vidéos et beaucoup d’essais-erreurs. »
Sa conscience environnementale, dit-il, ne s’est pas développée du jour au lendemain. Elle s’est construite avec le temps, notamment lors d’un passage à la FEESP où il desservait un syndicat lié au tri des matières recyclables. « Ça m’a beaucoup brassé. Une partie des matières finissait aux poubelles et l’autre traversait la planète. À un moment donné, tu réalises qu’on ne peut pas juste se donner bonne conscience avec le recyclage sans réfléchir plus largement à notre façon de consommer. »
Cette réflexion se traduit aussi dans son quotidien. Sa famille ne possède qu’une seule voiture et il privilégie autant que possible le transport collectif. Pour lui, le chalet faisait partie de cette même logique. « Je voulais montrer qu’on peut construire autrement, même à petite échelle. »
Le projet continue d’évoluer. À l’approche de la retraite, Mario souhaite maintenant ajouter une serre et développer davantage la culture biologique sur le terrain. Mais au-delà de tous les aspects techniques et environnementaux, le chalet est surtout devenu un espace essentiel pour décrocher du travail.
« Quand j’ai acheté le terrain, je savais que j’avais besoin de nature. J’avais besoin d’un lieu pour sortir de ma tête un peu. Ça aide à revenir plus solide après. Avoir un endroit qu’on a construit nous-mêmes, selon nos valeurs, où on peut se ressourcer… pour moi, c’est très précieux. »